La colère de Kurathi Amman : le livre qui m’a mise en colère 😡

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Résumé »

Un roman coup de poing par la nouvelle voix forte de la littérature indienne

« Tu veux que je comprime la tragédie au format Twitter ? Comment peut-on se glisser ainsi au cœur des ténèbres ? »

Comment transformer un drame en fiction ? Pourquoi écrire sur une tuerie qui a eu lieu il y a plus de quarante ans en Inde et sur ses quarante-quatre victimes oubliées par l’histoire ?

À travers les voix aussi diverses que celles des intouchables ou des propriétaires terriens, l’auteur décrit ce massacre, se plaçant sous le patronage de l’irascible déesse Kurathi Amman. Au-delà de l’émotion et de la colère provoquées par ces faits, l’auteur pose la question de la fiction et de ses limites en n’hésitant pas à malmener son lecteur.

Ce roman tendu, entre rage contenue, lyrisme et humour grinçant, nous donne un aperçu des forces qui ont contribué à la création de l’Inde moderne.

Auteur : Meena Kandasami | 222 Pages | Éditions : Plon Sortie le 24 août 217

Lancez-vous si : vous en avez marre des happy end, si vous voulez découvrir un autre pan de l’Inde (pas le touristique)

Passez votre chemin si : vous êtes une âme sensible, assez hermétique à l’histoire, à la recherche d’un feel good book

colèreSelon moi :

J’ai sollicité ce roman auprès des Éditions Plon sur NetGalley et je les remercie de leur confiance. Ce livre m’a principalement attirée parce qu’il parlait de l’Inde, un pays qui me fascine. Et aussi parce que la couverture mentionnait « Éblouissant et drôle », je me suis dit que c’était peu courant pour un récit indien et j’ai donc lu le résumé très partiellement (ceci aura son importance par la suite).

 

La plume de Mme Kandasamy est très déroutante c’est le premier point à souligner. En effet elle s’adresse souvent à son lecteur de manière assez directe et pas forcément très agréable voire sarcastique de mon point de vue.

 

Exemple : « Par conséquent, ce récit dégénéré reflète tout simplement le fait que vous tous, mes lecteurs chéris, vous vivez des vies amorales et non linéaires, dénuées du moindre objectif. » OK.

 

Elle parle ensuite assez longuement de la manière dont elle a prévu de raconter cette histoire vraie, on comprend donc petit à petit qu’elle va nous dérouler les origines, le détail et les suites d’un drame vraiment horrible qui a tué 44 personnes le 25 décembre 1968. La chronologie n’est pas respectée, il y a quelques allers retours et également plusieurs points de vue différents de la même situation qui mettent mal à l’aise.

 

J’admire le travail énorme de recherche et de documentation qu’elle a du fournir, elle en parle parfois au cours du roman mais un peu plus au niveau des Remerciements. Elle invite d’ailleurs le lecteur à se rendre sur place pour interroger les personnes comme elle l’a fait.

 

L’histoire en elle-même m’a permis de comprendre un peu mieux le système de castes au sein des producteurs de riz, les producteurs terriens, les coolies et les paysans qui récoltent le riz ainsi que la politique qui est étroitement liée. Ainsi que l’envie d’en savoir plus sur la situation actuelle, j’espère que c’est le but recherché..

 

Cependant j’ai trouvé cette manière de relater les faits, anciens mais réels, assez violente et certains passages sont assez horribles et dérangeants surtout le détail des victimes. La cruauté de certains protagonistes passe pour normale, voire banale et ça en devient insupportable au fil du récit. J’étais en colère ce qui est un sentiment assez peu déclenché lors de mes lectures pour le mentionner. Je ne m’attendais pas à ce genre de contenu suite à la première de couverture et je ne comprend toujours pas pourquoi ce bandeau est présent. En tout cas je suis à 200% d’accord avec l’auteure qui qualifie elle-même son œuvre de « texte agressif et un peu dingue ». Ah oui et le titre n’a rien à voir avec l’histoire…

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