« Hier je suis mort » de Laurent Goldsztejn : très original !

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Une autre approche de la mort…

Résumé »

C’est d’abord ma femme qui ne me reconnaît plus quand je rentre chez moi après ma journée de travail. Puis, ce vieil ami qui prétend ne pas me connaître quand je le croise dans la rue. La suite, c’est mon errance dans Paris, totalement démuni et déboussolé. Mais quand je croise un homme qui vit le même calvaire que moi, je commence peu à peu à comprendre ce qui m’arrive. Bientôt, je ne serai plus seul, mais cela ne signifie pas que je serai en sécurité : je ne pourrai compter que sur moi-même pour fuir ceux qui tentent de prendre le contrôle de ma vie. Quoi que je fasse, où que j’aille, mon destin est entre leurs mains… mais je refuse et me battrai jusqu’au bout, jusqu’à la mort si nécessaire.

Auteur : Laurent Goldsztejn | 86 Pages  |  Éditions : Librinova

Lancez-vous si : vous voudriez savoir ce qu’il y a après la mort, vous n’avez pas peur des hôpitaux, vous cherchez une lecture intermédiaire à 2 pavés

Passez votre chemin si :je ne vois aucune raison de ne pas découvrir ce livre ! (à moins d’inverser la phrase ci-dessus)

Selon moi :

Encore merci à Livraddict et les éditions Librinova (que je commence à bien connaître et apprécier 🙂 ) qui me permettent de découvrir des nouvelles plumes, il s’agit ici du premier roman de Laurent Goldsztejn. Mais promis après je me concentre sur ma Pile A Lire 🙂

Dans ce court roman nous rencontrons Pierre dont la vie est complètement chamboulée depuis qu’il est mort et surtout qu’il s’en rend compte. Il n’est pourtant pas un fantôme puisque les gens dans la rue lui parlent, pourtant ses proches ne le reconnaissent pas… Il décide de mener l’enquête, épaulé dans sa recherche d’informations par d’autres « livides » dans le même état que lui. En ce qui concerne les personnages, Mathilde, Richard et Philippe leurs caractères sont évanescents, comme leur apparence, on n’approfondit pas vraiment leur histoire, sur le pourquoi ils en sont arrivés là (enfin sauf pour un), ils sont brièvement décrits, comme pour montrer qu’ils sont de passage.

L’état atypique de Pierre fait qu’il n’a plus de besoins naturels comme dormir, manger, boire… cela lui permet de se poser et de porter un regard neuf sur les choses qui l’entoure. Il permet au lecteur de prendre conscience de toutes ses choses que fait notre corps, mécaniquement, sans qu’on y pense.

Au cours de sa quête en plein cœur d’un Paris contemporain (l’auteur vit à San Francisco mais a grandi dans la capitale) il remarque notamment que les parisiens sont extrêmement pressés, qu’ils ne prennent pas le temps de profiter du moment présent, d’observer le ciel, telle fontaine, tel arbre, telle statue… C’est une sorte d’ode à la lenteur et à la pleine conscience que Pierre expérimente. Il amène le lecteur à réfléchir sur sa propre vie, sur laquelle il peut encore influer comme il l’entend.

Puis le mystère se dissipe, on aperçoit le pourquoi du comment, tout semble lié à l’hôpital Saint Roche et les médecins qui y travaillent en secret… Sans dévoiler l’intrigue je me dit que cela peut très bien déjà arriver dans notre monde d’aujourd’hui sans que l’on s’en rende compte ou que cela sera bientôt possible grâce au progrès scientifique. On se pose alors la question de l’éthique et du bien fondé d’une telle entreprise.

Tout s’enchaîne ensuite très rapidement jusqu’au dénouement final. Je n’ai pas vu passer le temps, j’ai continué à tourner les pages sans m’arrêter. J’aurai préféré un roman plus long pour prendre le temps d’approfondir le passé de Pierre, et ce qui va se passer après la dernière page, dans une semaine, dans un mois, un an.

PS : Il est classé comme fantastique / horreur, mais ici point de fées, korrigans et autres créatures et encore moins des gorges tranchées, du sang à chaque page, l’auteur le qualifie lui-même de thriller psychologique.

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