La pointe de l’aiguille de Youri Maletski, un retour dans la Russie du XXème siècle…

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Résumé »

« C’est à la cime du particulier qu’éclot l’universel » Marcel Proust Si ce court roman de Youri Maletski raconte le destin extraordinaire d’une femme, Galia Atlivannikova, dans la Russie du XXème siècle, il est avant tout une profonde réflexion sur la mort et le vieillissement. L’action se déroule durant les derniers jours de la longue vie de cette femme qui, à l’orée de ses 90 ans, jette un regard rétrospectif sur son existence heureuse, jusqu’au dernier tiers de sa vie, mais où la mort quasi successive de sa mère, de sa fille et de son mari rompt définitivement les fils qui la reliaient au Monde.
Après ces drames, et l’âge aidant, Galia perdra peu à peu la vue, puis l’ouïe et se repliera sur elle même, dans son petit appartement, empreinte à la solitude et à la vulnérabilité, aux souvenirs surtout, attendant que la mort vienne frapper à sa porte. L’originalité du roman de Youri Maletski tient du point de vue qu’il choisit au fil de son récit : rédigé à la première personne, il nous donne à voir de l’intérieur comment l’individu appréhende les différentes étapes de la vieillesse.
Il devient ainsi un guide plein d’espoir pour tous ceux d’entre nous qui sont, ont été ou seront confrontés au vieillissement d’un proche. Car au-delà d’une apparente perte de contact avec ses proches, avec le réel et le quotidien, Youri Maletski, nous ouvre une fenêtre sur l’extrême richesse de la vie intérieure et de la relation au monde de l’homme au crépuscule de sa vie. La pointe de l’aiguille, enfin, entremêle petite et grande histoire.
Ainsi va le lecteur de la guerre civile russe aux années 1937-1938, période de la grande terreur, de la seconde guerre mondiale à l’ère brejnevienne, entrainé par des ressorts narratifs ou l’histoire le dispute à l’intime.

Auteur : Youri Maletski | 203 Pages |  Éditions :Louison Editions :

Lancez-vous : si vous aimez la Russie, les pertes de mémoires, les romans décousus
Passez votre chemin : si vous recherchez un témoignage plus linéaire et structuré d’une vie bien remplie

Selon moi :

Merci à Babelio pour m’avoir permis de lire ce roman dans le cadre de la Masse Critique. Je l’avais sélectionné car je suis intéressée par les romans parlant de personnes âgées en ce moment, oui c’est une phase, là j’arrive à la fin 😄

J’avais lu avec grand plaisir l’Atelier des souvenirs d’Anne Idoux Thivet, La grand-mère de Jade de Frédérique Deghelt et maintenant celui-ci qui, comme son nom l’indique, semblait être une nouvelle..mais pas du tout ! Il s’agit d’un roman de 200 pages broché, avec une belle tranche rouge, j’avais hâte de le commencer !

En plus, dans la préface, l’auteur nous explique que ce roman a déjà été publié il y a..25 ans ! Mais qu’il a ressenti le besoin d’y apporter des corrections et qu’il en aura surement encore à ajouter dans quelques années encore, pourquoi pas ^^

Cependant je dois avouer que le soufflé est retombé assez vite :grimacing: Cela m’a au moins permis de bien identifier ce que j’attends de mes prochaines lectures :

  • du mouvement : ici pas de changement de décor à part quand les pensées de Galia s’éloignent et font un retour sur son passé russe. Passé dont je n’ai malheureusement pas toutes les connaissances historiques mais des notes de l’auteur me sont un peu venues en aide. Le problème c’est qu’elle perd la mémoire, elle répète donc les mêmes choses de différentes manières dans un enchaînement pas toujours logique pour le lecteur
  • des dialogues : alors parfois on peut s’en passer et ça se passe très bien mais là j’avais envie qu’elle rencontre des gens avant de mourir, qu’elle se refasse dans sa tête des dialogues passés..
  • une fin surprise : alors que là il n’y a pas d’autres issues possibles que celle annoncée dès le résumé..

Je pense que je me suis imaginé ce que ce livre allait raconter et que ça ne correspond pas du tout…Tant pis pour moi 🙁

 

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