Avis BD « Le piano oriental » de Zeina Abirached

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piano oriental

Résumé »

Un récit inspiré de la vie de son ancêtre, inventeur d’un nouvel instrument de musique dans le Beyrouth des années 1960. Folle tentative pour rapprocher les traditions musicales d’Orient de d’Occident, ce piano au destin méconnu n’aura vu le jour qu’en un seul exemplaire, juste avant que la guerre civile ne s’abatte sur le Liban.
Une métaphore amusante – et touchante – de la rencontre de deux cultures, de deux mondes, qui cohabitent chez Zeina et dans son œuvre.

Auteur : Zeina Abirached |  210 Pages  | Éditions Casterman

Lancez-vous si : vous aimez la musique, la culture, le noir et blanc

Passez votre chemin si : vous cherchez une histoire de 15 tomes minimum, vous n’aimez pas les cheveux frisés

Selon moi :

J’ai eu la chance de lire cette BD, dite « roman graphique », dans le cadre de l’événement La BD fait son festival organisé par Priceminister. Et je n’ai pas été déçue !

Avec cette BD j’ai découvert le trait de Zeina Abirached, c’est-à-dire du noir et blanc, un peu à la façon de Marjane Satrapi et Persepolis. La comparaison s’arrête là. Ici je suis tombée sous le charme de ses dessins tout en rondeur, doux et qui souvent se passent de dialogue. On alterne avec des dessins sur toute une page, une double page, des cases « classiques », et même une magnifique double-page-qui-se-déplie. L’histoire est parsemée de petits bruits tels que le petit oiseau, les chaussures d’Abdallah, les notes du piano, les petits « poc » de son tarbouche (son chapeau)…

Tous ces changements de style et de texte m’ont donné une impression de mouvement, j’étais ballotée par les notes de musique, entre l’histoire romancée d’Abdallah Kamanja, inventeur de ce fameux piano oriental et celle autobiographique de l’auteure, petite-fille du pianiste qui m’a emportée dans une sorte de bulle bienveillante. Abdallah est un homme que l’on voudrait tous avoir pour grand-père, il est bienveillant, simple, bricoleur.

Beyrouth et le Liban sont souvent associés à la guerre, ici on découvre une autre facette de l’histoire de ce pays via la langue et la musique. Comme un pont entre deux cultures : Abdallah qui voudrait pouvoir jouer à la fois des morceaux occidentaux et orientaux sur son piano et Zeina qui hésite entre deux cultures, deux langues.

En le refermant je n’avais qu’une envie, écouter ce fameux piano ! (bon et aussi manger libanais^^)

Un 20/20 pour moi !

En bonus, le court-métrage « Mouton » réalisé par Zeina Abirached au cours de ses études aux Arts Décoratifs de Paris. On reconnait déjà bien son style 🙂

Et vous, avez-vous déjà lu une de ses œuvres ?

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